ANDRE PEYRONIE

  CEREMONIES D'ANDRE PEYRONIE  -  MECANICIEN  AU GROUPE CHASSE N°3 NORMANDIE-NIEMEN   

 

JEUDI 21 MARS 2019

 

 MEDAILLE DE LA CANSOF ECHELON OR 

 

 ANDRE PEYRONIE 13 1

Crédit : ©Michel Bennier section ANSORAA Rhône Loire

 

Ce 21 mars 2019, Jacques Mulard, ancien président de la CANSOF et adhérent du Mémorial du Normandie, a remis

à André Peyronie la CANSOF « OR ». André reste le dernier survivant mécanicien du Groupe de Chasse n°3 dit Neu-Neu.

Cette remise s’est déroulée dans le salon de l’ehpad d’Anse.

Le général Philippe Lafond, vice-président du comité 116 de la Société des Membres de la Légion d’Honneur de Villefranche-Beaujolais,

était présent au côté de son proche ami André, accompagné du lieutenant-colonel Gadiou du CDC de la Base aérienne 942 représentant

le colonel Arnaud Bourguignon, du lieutenant Tafanelli de l’ANORAA 640 Rhône Ain Loire, de Pierre Khédiri, secrétaire national de l’Union

Nationale des Sous-Officiers en Retraite. Ignace Di Filippo représentait le groupement ANSORAA Rhône Alpes, Jean-François Anière,

Jean-Pierre Tron et Yves Donjon représentaient L’association du Mémorial Normandie-Niémen.      

 

Michel Bennier, président de la section ANSORAA Rhône Loire, a accueilli et remercié les participants à cette cérémonie.

Retraçant le parcours militaire et civil du récipiendaire il rappela qu’André faisait partie du premier contingent des 42 volontaires

mécaniciens et des 14 pilotes de chasse (sous les ordres du commandant Pouliquen) qui a rallié la base d’Ivanovo le 29 novembre 1942 ;

responsable de l’entretien du Yak de Marcel Lefèvre (escadrille Cherbourg). Il fut décoré en 2006 à Lyon, de l’Ordre Alexandre Nevski :

cette décoration, créée en 1942, est l’une des plus hautes récompenses soviétiques décernées pour acte de bravoure personnelle et courage.

 

Le 8 mai 2015 à Lyon, jour de ses 95 ans, André a été fait Chevalier de la Légion d’honneur, décoration remise par le lieutenant-colonel

Patrick Bryant, commandant du R.C. 2/30 Normandie-Niémen basé à Mont-de-Marsan.

Le 22 février 2018, l’Ordre d’honneur du Belarus lui fut remis par Son Excellence Pavel Latushka, ambassadeur de la république

de Biélorussie en France en présence de maître Jean-Jacques Rinck, consul honoraire du Belarus à Lyon. André est titulaire de nombreuses

autres décorations soviétiques et françaises dont la Médaille militaire, la Croix du combattant volontaire 39-45.

 

Yves Donjon lui aussi titulaire de l’Ordre Alexandre Nevski reçu des mains du colonel Anatoly Fetissov en 2011 à Moscou,

a voulu rendre, à travers André, un vibrant hommage aux 42 mécaniciens français dont le rôle a été déterminant pendant cette campagne.

Ces hommes ont eu à travailler dans des conditions hivernales (1942-1943) très difficiles afin d’assurer le maintien opérationnel des avions.

Il faut noter que jamais aucune mission n’a été annulée ni même retardée pour une quelconque indisponibilité. Tous voulant continuer le

combat en Russie, ils formulèrent en août 1943 une demande pour devenir pilotes auprès du commandant Pouyade lequel appuya les candidatures ;

elles seront refusées par le général Ernest Petit, chef de la mission militaire française à Moscou, (une vingtaine avait été pourtant retenue après

un examen théorique). Les personnels mécaniciens et techniques seront mutés et rejoindront le 30 octobre 1943 la base de Rayak.

De retour au Moyen-Orient, certains mécaniciens auront la malchance d’être affectés à des unités dont les chefs les avaient en d’autres temps fait

condamner à mort pour désertion. Ils n’auront aucune chance de pouvoir continuer leur carrière militaire dans de bonnes conditions.

Yves Donjon terminait son allocution par ces mots : « Que la mémoire de ces hommes soit honorée à sa juste valeur ».

 

Jean-François Anière lira un émouvant poème intitulé « Toi, Mécano » écrit par Georges Marcelin, mécano au Normandie.

Certains passages tels que :

« Tu guettes chaque jour le retour des missions ; Ils arrivent ! Points noirs au fond de l’horizon, l’un d’eux fait un « tonneau » en signe de victoire.

Un retour de mission : tu comptes ceux qui rentrent ; Ils ne sont pas tous là ! Et c’est le tien qui manque ! Alors désemparé tu cèdes au chagrin,….

Il y a bien longtemps que cela s’est passé, Mais dans notre mémoire, Mécano, tu es resté. A présent, chargé d’ans, parmi tes souvenirs,

Tu revois ton passé et réprimes un soupir ! …. »

 

Jacques Mulard remettant la distinction, rappelle que la CANSOF a été créée le 12 septembre 1997, destinée à récompenser

les membres des associations pour services bénévoles, fidélité et dévouement à la cause des sous-officiers et officiers mariniers.

Citant Elie de Saint Marc : « Si un jour on doit ne plus comprendre comment un homme a pu donner sa vie pour quelque chose

qui le dépasse, c’en sera fini de tout un monde, peut-être d’une civilisation. 

 

André Peyronie a ému toute l’assemblée dans ses remerciements, attribuant cette décoration à tous ses camarades

et amis disparus. Le général Lafond dans ses félicitations à André, a remercié madame Pâtissier, directrice de l’établissement,

madame Pouly ainsi que le personnel pour l’accueil et l’organisation de cette cérémonie.

Avant un au-revoir, tous les invités ont été conviés à partager le verre de l’amitié avec André Peyronie et ses amis de l’ehpad.

 

POEME DE GEORGES MARCELIN (MECANICIEN AU NEU-NEU) LU PAR JEAN-FRANCOIS ANIERE

Source :  https://aefra.files.wordpress.com/2015/10/octobre-2015.pdf 

 (Voir les pages 6 et 7/24 concernant Georges Marcelin et deux de ses poèmes) 

TOI, MECANO !

Toi, mécano ! On t’a vu arriver, fatigué mais vaillant,

Revenant de Libye et son sable brûlant.

Tu y as tanné ta peau au soleil du désert,

Supportant sans faiblir, les rigueurs de la guerre.

Tu as trouvé ici, de jeunes engagés,

Qui voulaient comme toi, voir leur pays vengé !

Salut, Mécano !

Alors a commencé une nouvelle épreuve,

Avec tes compagnons, tu as refait tes preuves ;

Quoique gelant parfois aux mains et au visage,

Tu as serré les dents, et montré grand courage,

Et les Russes étonnés par tes capacités,

En ont conçu pour toi estime et amitié !

Bravo, Mécano !

Ensuite c’est au front, que tu as confirmé,

Au milieu des combats, tes grandes qualités.

Si de tout ton savoir, tu affûtes ton « taxi »,

C’est en fait ta manière de combattre aussi

Et si parfois, la nuit tu passes à travailler,

Ton pilote au matin, pourra re-décoller.

« Chapeau », Mécano !

Tu guettes chaque jour le retour des missions ;

Ils arrivent, points noirs du fond de l’horizon.

L ’un d’eux fait un « tonneau », en signe de victoire ;

Mais oui ! C’est ton « taxi ». Tu oses à peine y croire !

La joie emplit ton cœur, tu es payé de ta peine,

Cette victoire là, tu la fais un peu tienne !

Sois-en fier, Mécano !

Un retour de mission, tu comptes ceux qui rentrent ;

Ils ne sont pas tous là ; et c’est le tien qui manque !

Alors désemparé, tu le cèdes au chagrin,

Le deuil est dans ton cœur en ce triste matin.

Pilote et avion ne te reviendront pas,

Ils sont restés là-bas, tombés en plein combat !

Tu pleures, Mécano !

Mais tu es rappelé, et tu quittes ces lieux,

Où tu as trimé, souffert, et lutté de ton mieux.

Tu pars vers d’autres deux, vers de nouveaux combats,

Sauf France libérée, tu n’arrêteras pas,

Tu répondras « Présent », sans besoin qu’on t’appelle,

Apportant ton savoir, tes mains, et tout ton zèle !

Merci, Mécano !

Il y a bien longtemps que cela s’est passé !

Mais dans notre mémoire, Mécano tu es resté !

A présent, chargé d’ans, parmi tes souvenirs,

Tu revois ton passé et réprimes un soupir !

Edmond Rostand l’a dit, avec des fioritures,

L ’Histoire ne retient pas les noms de ces « obscurs »,

Qui ont trimé, souffert, sans marchander leur peine,

Pour retrouver un jour « leur France » souveraine.

Mais ceux que tu aidas jadis, pour la victoire,

Peuvent bien te céder, une miette de gloire.

Adieu, Mécano !

 

UN SOUVENIR EN 2003

            Donjon Peyronie    

  Anciens et Aufort


Lors de la cérémonie de prise de commandement le 29 août 2003, en présence de quelques vétérans de 39/45 sur la B.A.132 de Colmar Meyenheim.

Photo de gauche : Yves Donjon et André Peyronie

Photo de droite : André Peyronie, Pierre Lorillon, Lieutenant-colonel Aufort, Georges Mazurel, Georges Marcelin.

Source : http://normandieniemen.free.fr/Prise_de_commandement.htm

 

JEUDI 28 FEVRIER 2018  

 

MEDAILLE DE L'ORDRE D'HONNEUR 

  

Le jeudi 22 février 2018 à 15h00, à l'invitation de son Excellence Monsieur Pavel Latushka, Ambassadeur extraordinaire et

plénipotentiaire de la République du Bélarus en République Française, délégué permanent du Bélarus auprès de l'UNESCO,

de nombreuses personnalités civiles et militaires françaises et biélorusses étaient réunies dans les salons VIP de la maison

des Anciens Combattants d'Anse pour assister à une cérémonie de remise de décoration à André Peyronie.

 

La vie et le parcours exceptionnel d'André Peyronie ont été évoqués au cours de leur allocution par plusieurs élus dont

Christophe Lejeune, président du groupe d'amitié France-Biélorussie à l'Assemblée nationale, Bernard Perrut, député

de la 9ième circonscription du Rhône et Gilles Le Roux, vice-président du Mémorial du Normandie-Niémen. 

 

André, né le 08 mai 1920 à Albi, s'engagea dans l'Armée de l'Air en 1939. Il obtint son brevet supérieur de mécanicien

à Châteaudun. Après de multiples affectations, il se porta volontaire pour rejoindre le Groupe Chasse n°3 Normandie

le 15 septembre 1942 et regagna avec ses camarades la base d'Ivanovo (Russie) pendant l'hiver 1942.

Il fut le mécanicien du Yak "Père Magloire" du pilote Maurice Lefèvre.

Titulaire de nombreuses décorations dont la Médaille militaire, André Peyronie est, en novembre 2014, promu au grade

de Chevalier de la Légion d'honneur. Le 10 mars 2015, l'Ambassadeur Pavel Latushka lui remet la médaille du

 70ième anniversaire de la Libération de la Biélorussie.

 

 André Peyronie Cérémonie du 22 février 2018

 

Ce 22 février 2018, l'après-midi d'hommage aux combattants de la Seconde Guerre mondiale qui ont participé aux batailles sur le

front Est fut présidé par Maître Rinck Consul de la République du Bélarus. Monsieur Pavel Latushka, remit à André la

Médaille de l'Ordre d'Honneur par décret de son Excellence Monsieur Aleksandr Lukachenka, président de la République

du Bélarus. Toutes les personnes de l'assemblée s'unirent dans un même élan d'admiration et de sympathie pour lui

témoigner leur reconnaissance. Cette camaderie retrouvée du Régiment de Chasse Normandie-Niémen atteint un fort moment

d'émotion quand André évoqua les 42 pilotes morts au combat au cours des trois campagnes de 1943 à 1945 et lorsque

l'hymne national biélorusse et la Marseillaise furent entonnés par les invités. Cette cérémonie s'est terminée par un moment de

convivialité autour d'un buffet composé de spécialités biélorusses et françaises.  

 

Les drapeaux du Mémorial Normandie Niémen de notre ami Jean-Pierre Tron, de la Fondation de la France libre de la

Seine maritime, de l'ANORAA Secteur 640 porté par Alain Devornique, vice-président de l'ANORAA 640 Métropole de Lyon,

du Groupement ANSORAA Rhône Alpes et de la Section Rhône Loire Lyon, encadrant André,

apportèrent une solennité toute particulière à cet évènement.

 

L'ANSORAA était représentée par de nombreux adhérents dont Yves Donjon administrateur du Mémorial Normandie-Niémen

mais aussi ami d'André depuis vingt-cinq ans, de Jacques Mulard membre du Comité pour notre région. Nous avons salué et

discuté avec le Colonel Bourguignon, commandant de la Base aérienne 942 de Lyon Mont Verdun et le Lieutenant-colonel Fonck,

commandant du Régiment de Chasse 2/30 Normandie-Niémen de Mont de Marsan tout particulièrement de notre fleuron actuel,

le Rafale, bijou de technologie, qui a succédé au Yak 3 d'André.

 

MARDI 13 FEVRIER 2018

 

 QUAND LE "NEU-NEU" RENCONTRE LE "LORRAINE"

 

 André Peyronie et René Billottet le 13 février 2018 à Anse

 

En cet après-midi du mardi 13 février 2018 à l'Ehpad au château de Messimieux (maison de retraite des Anciens Combattants) d'Anse,

une émouvante cérémonie a permis la rencontre d'André Peyronie, dernier survivant du Groupe Chasse n°3 Normandie-Niémen,

mécanicien du Yak "Père Magloire" de l'Andélysien pilote Marcel Lefèvre, avec René Billottet, dernier survivant du Groupe Lorraine

affecté à la 137ième  Wing du 342ième Squadron à bord de Boston puis de B25 Mitchell pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Cette rencontre était organisée par l'ANSORAA et l'ANORAA. Les participants ont été accueillis dans le salon VIP par Madame Pâtissier,

directrice de l'établissement et Madame Pouly, animatrice.

 

En présence de nombreuses personnalités civiles et militaires dont le Colonel Bourguignon, commandant la Base aérienne 942,

Georges Seincerein, président du Groupement ANSORAA Rhône Alpes, Madame Bernard, 1ière adjointe au maire d'Anse ainsi que

de Monsieur Maisonneuve, président ANORAA du Secteur 640 Rhône Ain Loire accompagné d'Alain Devornique,

président ANORAA Métropole de Lyon, Michel Bennier, président de la Section ANSORAA Rhône Loire Métropole de Lyon a évoqué,

au cours de son allocution, le parcours exceptionnel d'André Peyronie au sein du Neu-Neu.

André Peyronie a reçu des mains du Colonel Bourguignon un livre sur les combats du Normandie-Niémen ainsi qu'une coupelle de la

Base aérienne 942, le diplôme d'honneur du Groupement ANSORAA Rhône Alpes a été remis par Georges Seincerein et le

diplôme d'honneur de la Section ANSORAA Rhône Loire Métropole de Lyon par Michel Bennier.

 

Parmi les participants, Francis Keller, délégué du Rhône ainsi que plusieurs membres de la Section Rhône Loire Métropole de Lyon

ont répondu à l'invitation.

C'est autour du verre de l'amitié aéronautique que nos "Anciens André et René" ont évoqué et partagé, avec les invités, leurs moments

les plus marquants au sein de leurs unités.