MAURICE CHABOUD

  MAURICE  CHABOUD 

  

Maurice Chaboud               

Notre Ami MAURICE CHABOUD est né le 20 juillet 1923 à GENAS.

 

Il est décédé le mercredi 15 mai 2013 à BRON. 

 

Il était membre de la Section ANSORAA Rhône Loire depuis le 20 juillet 1994.

 

        (Photo extraite de son Livret Individuel de l'Armée de l'Air - Année 1943)         

 

MAURICE a écrit sa biographie, le texte qui suit est un résumé de ses trois ouvrages consacrés

 à cette époque de 1940 à sa fin d'activité au sein de l'Armée de l'Air

 

MAURICE a suivi, de 1940 à 1941, une formation de tourneur-ajusteur à l'école professionnelle de Villeurbanne.

Fin 1941, Maurice, avec deux camarades (MARICHAL et RIZZON), sont placés en stage de perfectionnement à l'usine de

 Mécanique Générale BRONDEL à Villeurbanne.   

 

Début août 1942, MAURICE se refuse d'aller travailler en Allemagne. Avec son ami MARICHAL, il quitte, du jour au lendemain, l'usine

 pour rejoindre l'Armée d'Armistice, RIZZON a choisi de partir dans la Division de la France Libre du Général de Lattre de Tassigny.

 

L'Armée d'Armistice, en zone libre, avait des effectifs limités. Elle était essentiellement composée de militaires de la Marine (de Toulon) 

et de l'Armée de l'Air. Dans les Territoires d'Outre-mer et les Colonies, une armée importante existait aussi hors contrôle des Allemands.

 

MAURICE s'engage le 20 août 1942 au C.E.V. de la Base Aérienne de BRON pour une durée de 4 ans renouvelable, volontaire pour l'Afrique

du Nord dans l'espoir d'être un jour pilote et rejoindre l'Angleterre.  

 

Il rejoint le Centre d'Instruction d'UZÈS (Quartier Guynemer). Après deux mois de formation, le 25 novembre 1942, MAURICE est nommé

Soldat de 1ère Classe. A l'issue de ces trois mois de formation militaire, il est affecté au Groupe Chasse 3/9 basé sur la Base Aéronavale

du Palyvestre (Hyères) sans jamais le rejoindre.

 

 Et pour cause: le 29 novembre 1942, de retour vers le Quartier Guynemer, après un exercice, sa Section a été doublée par plusieurs side-cars

allemands, c'était l'invasion de la Zone Libre (depuis le 11 novembre 1942) en représailles suite au débarquement des Alliés en Afrique du Nord

 qui a eu lieu le 08 novembre 1942 sur les côtes du Maroc et de l'Algérie. Sa Section a été désarmée à l'arrivée au quartier, l'Armée d'Armistice

 n'existait plus. La flotte navale s'est sabordée à Toulon ( le 27 novembre 1942), les avions, en état de voler, ont été incendiés.

 

Le 30 novembre 1942, sa Section est démobilisée puis les Allemands sont partis. Tandis que MAURICE et sa Section était en route pour la gare

de Rémoulins, ils ont été rejoints par une estafette : il leur fut signifié que leur contrat d'engagement ne pouvait être résilié unilatéralement,

ils restaient sous le contrôle de l'Armée de l'Air et l'ordre de démobilisation allait être remplacé par une permission de 30 jours.

 

Le 1er juillet 1943, MAURICE rejoint le Centre Administratif Local à BRON pour y recevoir une affectation au Service Local des Oeuvres Sociales

de l'Armée de l'Air rue Boissac à Lyon. Au cours du mois, il se retrouve aux Oeuvres Sociales sur la Base du Bourget du Lac (la région était

 occupée par les forces italiennes) pour servir aux Gets (Haute Savoie) dans une colonie de vacances pour les enfants des militaires de l'Armée

 de l'Air pendant trois mois.

 

A l'issue, il est à nouveau muté rue Boissac, il est alors envoyé au Goupe de Sécurité Aérienne S.A.P. 1/71 au Fort Saint Jean à Lyon Croix-Rousse.

 (le S.A.P. était reconnu comme un service public, il occupait toute la Zone ex-Libre, il était chargé de détecter le passage des avions et de donner les alertes).

 Au Centre Opérationnel du S.A.P., il y avait un voire deux sous-officiers allemands. Un jour l'un d'eux a signalé à MAURICE qu'un camarade de

l'Armée Secrète devait se mettre au vert. Ce camarade le fit en désertant et en se rendant à la Résistance.

Ce camarade, qui s'appelait Maurice DECULTIS, a "embauché" MAURICE dans la véritable Résistance et lui a demandé d'effectuer un petit sabotage d'une ligne 

téléphonique, ce qu'il fit sans difficultés. MAURICE fut muté au Secrétariat du Colonel MOGUET (qui fut commandant de la Base Aérienne de Bron de 

1944 à 1945), commandant du S.A.P.

 

DECULTIS était Sergent, créateur et Chef d'un Groupe d'une soixantaine d'hommes. Entre temps, le débarquement avait eu lieu. DECULTIS demanda, 

un matin vers le 20 juin 1944, à MAURICE d'avoir d'autres activités. Sous les ordres d'un Adjudant de l'Armée de l'Air (d'origine alsacienne

du même service de la S.A.P. que MAURICE) , DECULTIS lui ordonna de rejoindre les Forces Combattantes dans le Maquis du Vercors.

 MAURICE et huit autres camarades se sont rendus en train à Valence. Le voyage jusqu'à Valence fut parsemé d'embûches: reconnaissance du train par

un Mosquito, voie ferrée coupée, étape obligée à Saint Rambert d'Albon, nuit dans la gare, contrôle par la milice.

A Valence, la sortie était sous contrôle des soldats allemands. L'Adjudant y est allé au culot, le contrôle fut franchi au pas cadencé et la gare fut

quittée sans encombres.

 

Les volontaires ont retrouvé leur contact: un Adjudant de l'Armée de Terre près du village de MONTOISON en direction de CREST. 

Après trois ou quatre jours de marche à travers monts et bois, ils ont fait étape dans un bâtiment de ferme et sont restés provisoirement dans le DIOIS.

Sous la conduite de leur Adjudant, ils ont séjourné alors au sein d'un groupe de vingt à trente hommes, bien organisé et armé, commandé par un

Lieutenant. Ils participèrent à quelques embuscades. Pour sa part, MAURICE a opéré par deux ou trois fois avec des grenades. Plus tard, ils ont été

rejoints par quelques chasseurs alpins. Ils se sont ensuite retrouvés à SAINT-JULIEN-EN-QUINT occupé par des Officiers et Sous-Officiers et des hommes

 bien armés. Ils ont emprunté le sentier de FONT PAYANE qui partait du hameau en direction de VASSIEUX-EN-VERCORS.

 

A leur arrivée, le village était entièrement détruit. Inoubliable. Ils ont parcouru ce champ de ruines où l'odeur de brûlé se mêlait à celle de la mort.

Ils se sont rendus sur le terrain d'atterrissage qui avait été aménagé par les Résistants pour y recevoir les parachutages mais ce sont les planeurs

 allemands qui l'ont utilisé. Les planeurs et avions allemands étaient encore là en très mauvais état. L'équipe de volontaires a récupéré des armes et des

 munitions non détruites par les Allemands, il y avait des F.M. Bren, des mitrailleuses Sten, des fusils ainsi que les munitions correspondantes, des

grenades et du plastic. Ils prirent le chemin du retour par FONT PAYANE. Alors qu'ils étaient encore dans le hameau de SAINT JULIEN, un évènement

fit date: une voiture venant par la petite route de SAINT JULIEN avait été signalée, elle s'approchait du poste de garde situé près du ruisseau et s'y arrêta.

C'était une Jeep. Entre les deux sièges, une mitrailleuse sur trépied, à bord trois ou quatre militaires et sur le capot, une fille du village qui

 avait guidé ces militaires. Il s'agissait d'une patrouille avancée des troupes débarquées en Provence en mission de renseignements.

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Le 15 août 1944, MAURICE et les volontaires ont été pris en

 main par le Lieutenant de réserve d'Artillerie Jean BOUVIER

de Lyon du Service de Renseignements Interallié,

inscrit à Londres sous le numéro HC 308.

 

Il a constitué un Groupe organisé

et opérationnel de 45 hommes,

principalement Chasseurs Alpins du 6ème B.C.A.

                   

Ils ont été habillés en tenue kaki avec

des brassards à Croix de Lorraine.

 

 

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Le Groupe s'est ensuite rendu à GRENOBLE où ils ont retrouvé les Américains à la caserne BAYARD. Ils se dirigèrent vers LAMURE SUR ISERE fin août 1944 

puis BOURGOIN et le 02 septembre 1944 direction LYON où ils arrivèrent à 15h30 à la Préfecture. Il pleuvait, les rues étaient vides de monde.

Ils étaient la première Unité constituée à arriver à LYON. En même temps qu'eux, arrivaient à la Préfecture Monsieur Yves FRAGE, Commissaire de la 

République nommé par le Général de GAULLE, le Colonel DESCOURS et Monsieur Alban VISTEL, Chef Régional de la Résistance.

Après leur arrivée, MAURICE a fait partie d'une patrouille qui a protégé le pont Wilson, des échanges de coups de feu ont eu lieu avec les Allemands.

 

Le lendemain, jour officiel de la Libération de LYON, ils se rendus dans le centre ville sans difficultés et tout d'un coup, branle-bas de combat,

 MAURICE et un camarade se sont rendus Place du Change (quai de Saône) où des tirs avaient lieu. Une arme automatique tirait depuis un immeuble.

Ils ont décidé de passer en courant le fameux pont. 

Pendant cette intervention, les premiers éléments de la 1ère D.F.L. commandés par un lyonnais, le Général Diégo BROSSET, sont arrivés Place des

 Terreaux et ont occupé l'Hôtel de ville.  

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Le Lieutenant BOUVIER a procédé à la dissolution de son Groupe,

les Chasseurs Alpins ont rejoint le 6ème B.C.A.

et les Militaires de l'Armée de l'Air ont

rallié la Base Aérienne de BRON.

                                                     

MAURICE CHABOUD a été démobilisé le 20 août 1946

 par l'organe démobilisateur de VALENCE, le C.R.A.P. 203.  

 

  

MAURICE a été nommé :

 le 25 novembre 1942         Soldat de 1ère Classe

                le 26 mars 1945                  Caporal

                le 01 juillet 1945                 Caporal-Chef

                le 01 décembre 1952           Sergent de réserve

 

Le 15 septembre 1970, MAURICE a été radié

des Cadres de Réserve

de l'Armée de l'Air.  

 

Le 21 octobre 1996, un Certificat de Reconnaissance de la Nation

 pour sa Participation à la Guerre 1939-1945

lui a été délivré par le

Ministre délégué aux Anciens Combattants et Victimes de Guerre.