ADRIEN BERNAVON

ADRIEN  BERNAVON  1912 - 1943 

 

 

L'anniversaire du centenaire de sa naissance a donné lieu à une cérémonie d'hommage au pied de la stèle " Normandie - Niemen " le samedi 15 décembre 2012

dans le 8ème arrondissement de LYON au carrefour de la rue Paul Cazeneuve et du boulevard des Etats-Unis.

 

Cette cérémonie, initialisée par Monsieur Jean-François ANIERE, Président du Mémorial Normandie-Niemen, a été organisée par la mairie

du 8ème arrondissement de Lyon.

 Monsieur Alain DEVORNIQUE, chef de cabinet de la mairie du 8ème arrondissement de LYON, a présenté cette cérémonie.

 

Devant dix drapeaux des associations, en présence des autorités locales et de membres de la proche famille d'Adrien BERNAVON,

Monsieur Jean-François ANIERE a prononcé une allocution rédigée par l'historien du Mémorial Normandie-Niemen, Monsieur Yves DONJON.

 

 

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                    ADRIEN  BERNAVON

      (Photo de http://www.cieldegloire.com)

               

           ALLOCUTION DE MONSIEUR JEAN-FRANÇOIS ANIERE             

            

                                    Adrien BERNAVON

                       est né le 11 décembre 1912 à LYON. 

      Pilote de carrière de grande classe, l'adjudant BERNAVON 

                se trouve au G.C. II/2 lorsque la guerre éclate. 

 

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        Au cours de la campagne de France, sur Morane-Saulnier M.S. 406, il se révèle            

                                     très vite comme un combattant de valeur.                             

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                  Morane-Saulnier M.S. 406

 

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          Heinkell He-111           

                          Le 11 mai 1940, il engage victorieusement un Heinkel He-111 vers Namur,                            

                                                 puis deux autres appareils ennemis le lendemain.

                                 Mais, étrangement, ces trois victoires ne lui seront pas homologuées.  

                        En fait, il inaugure officiellement son palmarès le 18 mai 1940, en abattant 

    un Dornier Do-17 dans la région de Rozoy-sur-Serre dans l'Aisne. Il récidive huit jours plus tard                  

   sur un autre Dornier Do-17 dans le secteur de Valdahon dans le Doubs. Puis il détruit un troisième

                       Dornier Do-17 le 15 juin 1940 au-dessus de Neufchâteau dans les Vosges.

 

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            Dornier Do-17

Dès l'Armistice, Adrien BERNAVON se porte volontaire pour être affecté aux Formations de l'Air en Indochine et s'éloigner

ainsi de la France occupée, avec l'espoir de rejoindre la France libre et continuer la guerre.

 

Le 23 novembre 1940, à Marseille, il embarque à destination de l'Indochine à bord du "Ville de Verdun ", paquebot sur

 lequel il fait connaissance de Pierre POUYADE. Les deux hommes sympathisent immédiatement. Après un voyage épique de près de

trois mois, Adrien BERNAVON débarque au port de Saïgon le 20 février 1941.

 

Affecté à l'Escadrille de chasse placée sous le commandement du Capitaine POUYADE, l'adjudant BERNAVON participe

toujours sur Morane-Saulnier M.S. 406, aux opérations contre la Thaïlande et prend une part active à la résistance intérieure contre les

Japonais. Mais, ne pouvant plus supporter l'apathie de la plupart des responsables locaux et la coopération des plus importants avec

l'occupant , il décide de s'enfuir vers la Chine en compagnie de Pierre POUYADE. Mais, au dernier moment, Adrien BERNAVON décline l'offre

du Capitaine POUYADE. Ayant fait la connaissance d'une jeune femme, le séducteur ne peut imaginer de la quitter sans lui avoir fait ses adieux...

Il laisse donc son chef s'envoler seul le 1er octobre 1942. 

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               Potez 25  

                            Mais suspecté et sur le point d'être arrêté, l'adjudant BERNAVON réussit néanmoins à son tour,        

        courant octobre, à s'évader d'Indochine sur un vieux Potez 25 T.O.E. de fortune qui tombe en panne au-dessus

       de la jungle. Contraint à un atterrissage brutal et bien que blessé, Adrien BERNAVON marche durant une semaine

       à travers la montagne. Mais il a la malchance d'être capturé par une bande de "pirates incontrôlés" (le même

       mot chinois qualifie le soldat comme le pirate).

                             Dépouillé, le malheureux est conduit dans une prison sinistre. Il faut l'intervention du Capitaine

       POUYADE auprès du Gouverneur de la Province du Yunan, Long YUN, le terrible Seigneur de la guerre, pour que

       l'adjudant BERNAVON puisse recouvrer la liberté.

 

                                                          Celui-ci qui n'est pas un ingrat, dit à son libérateur:

                                                                      " Où vous irez, j'irai avec vous! " 

                                          Les deux hommes se retrouveront au " Normandie " huit mois plus tard! ...

 Une fois rétabli de son extraordinaire odyssée, Adrien BERNAVON parvient à gagner le Moyen-Orient à la fin de l'année 1942 et s'engage dans

les Forces Aériennes Françaises Libres ( Matricule n° 35443 ).

Apprenant que le Capitaine POUYADE se trouve à Londres et recherche des renforts pour le "Normandie", Adrien BERNAVON se porte immédiatement

volontaire. Promu Sous-Lieutenant, il rejoint sa nouvelle unité à Mozalsk, en U.R.S.S. le 10 mai 1943 en étant le premier pilote de renfort arrivant

au "Normandie".  

                        Quatre jours après son arrivée, le 14 mai, Adrien BERNAVON

                                                   est lâché sur Yak-1. 

      Lors de son premier tour de piste, le réducteur casse pendant la prise de terrain.

      Adrien BERNAVON rentre le train et se pose dans un champ, mais butte de la tête          

     dans le tableau de bord et se fend l'arcade sourcillière et la base du nez. L'avion est

          irrécupérable et Adrien BERNAVON doit séjourner quinze jours à l'infirmerie. 

               Le 09 juin à Kationki, le Sous-Lieutenant BERNAVON a la joie de retrouver        

       son ancien chef et ami, le Commandant POUYADE, qui rejoint le "Normandie" avec              

                                                  huit pilotes de renfort.

          

            Adrien BERNAVON participe aux batailles du troisième front de Bièlorussie.

         Volontaire pour toutes les missions et blessé une nouvelle fois le 13 juin 1943,

      il tient à reprendre sa place à l'Escadrille dès sa guérison, pour participer avec ses

                                       camarades, à l'offensive sur l'Orel. 

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                          Yakovlev Yak - 1

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       Junker Ju-87 Stuka

                         Le 16 juillet 1943, au moment le plus violent de cette bataille, au cours de l'attaque par sa              

          patrouille de huit Yak d'un peloton de quinze Junker Ju-87 Stuka protégés par des Focke-Wulf  Fw-190 

          supérieurs en nombre, le Sous-Lieutenant BERNAVON disparaît dans la région de Krasnikovo, à environ

          50 kilomètres d'Orel en Russie. 

 

                         Malgré les recherches entreprises dès le lendemain, son corps n'a pu être retrouvé, de même

          après la libération de la région. Son sort reste inconnu.

                          

      

                              Porté disparu, puis déclaré " Mort pour la France " en opération aérienne,

           le Sous-Lieutenant Adrien BERNAVON, âgé de trente ans, totalise 1585 heures de vol,

           76 missions de guerre et est crédité de trois victoires aériennes officielles plus trois probables.           

            

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           Focke Wulf Fw-190

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                     PIERRE  POUYADE

   (Photo de http://www.cieldegloire.com)

        

Parlant d'Adrien BERNAVON après la guerre, le général POUYADE déclarera:

 

" J'avais fait sa connaissance fin 1940, sur le navire qui nous amenait en

  Indochine pour  faire campagne contre la Thaïlande. Nous avions vite sympathisé.

 En même temps qu'un camarade charmant, c'était déjà un chasseur de classe qui avait

          obtenu plusieurs citations au cours de la campagne de France. Il était à mon Escadrille         

et pendant un an et demi nous avions patrouillé ensemble sur nos Morane 406 au

 Cambodge, au Sud Annam et au Tonkin.

 

 Comme moi, il avait assisté, la rage au coeur, à l'occupation japonaise,

et il était des rares avec qui je pouvais parler, sans crainte d'être dénoncé,

de la nécessité d'entreprendre une action de résistance. C'est ce que nous fîmes,

 avant de prendre la décision de nous enfuir ensemble vers la Chine. Au dernier

 moment il ne put me rejoindre dans l'avion que j'avais préparé à cet effet et je

 m'envolai seul. Il devait réussir à s'échapper quelques

semaines plus tard et me retrouver en Chine après des aventures extraordinaires.

 

 Il était venu en U.R.S.S. tout simplement pour me suivre, parce que j'étais

 son ancien chef et son ami ... 

Le jour de sa dernière mission, nous étions ensemble à la poursuite d'un groupe

            de Ju-87 Stuka, lorsqu'il fut abattu par un Fw-190 quelque part au nord d'Orel ".            

 Chevalier de la Légion d'honneur, Compagnon de la Libération (décret du 11/10/1943),

 Adrien BERNAVON est aussi titulaire de la Médaille militaire et de la Croix de guerre 39-45 (avec trois citations).

 

 FIN DE L'ALLOCUTION DE JEAN-FRANÇOIS ANIERE

 

Pour les lecteurs intéressés par le "Normandie-Niémen", Monsieur Yves DONJON, historien du Mémorial du Normandie-Niémen, a écrit un livre :

" Ceux du Normandie-Niémen " 

Cet ouvrage peut être commandé en lui écrivant à son adresse personnelle, moyennant  24 euros (19 euros + frais de port) :

21 RUE SAINT NICOLAS

22960  PLEDRAN 

ou en le contactant au 06 84 61 62 78