CEREMONIE DES OPEX

CEREMONIES DES OPERATIONS EXTERIEURES A VILLEFRANCHE SUR SAÔNE

 

 

                                                                        COMMEMORATION DU DIMANCHE 23 OCTOBRE 2011

 

 

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          OPEX 2011

      FRANCIS KELLER_OPEX_2011

 

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(Photos extraites du lien : http://www.acuf.fr/files/copie_de_nouveau_livret_2011.pdf)

 

Lors de cette commémoration, parmi les vingt-cinq drapeaux, la Section ANSORAA RHÔNE LOIRE était représentée par son Président Jean CIMIERE,

 Gérard CATENI et Jean-Luc DESCHAMPS (Porte-drapeau).

 

Notre secrétaire Francis KELLER, membre également de l'ACUF, était présent et portait, pour l'ACUF, le coussin où reposait

 la Croix du Combattant qui a été décernée à Monsieur Olivier HENRY, ancien combattant en Ex-Yougoslavie en 1994 par le Colonel (er) RIGAUX.     

 

Le Colonel (er) François RIGAUX, ancien des OPEX, soulignait que la date du 23 octobre a été retenue pour cette cérémonie en référence

à l'attentat du DRAKKAR à BEYROUTH le 23 octobre 1983.

 

ALLOCUTION de Monsieur Bernard PERRUT, Député-Maire de VILLEFRANCHE SUR SAÔNE

 

Alors même que depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, depuis près de 70 ans, nos frontières n'ont pas été menacées,

nous pouvons tous ici nous interroger légitimement sur la nécessité d'engager plus de 1000 soldats français sur de lointains théâtres

d'opérations extérieures, parfois au péril de leur vie.

 

Nous pouvons tous nous demander pourquoi la vie d'un jeune Caladois nommé Patrice GIRARDEAU s'est achevée, bien trop emporté

prématurément, par une bombe assassine le 23 octobre 1983 à Beyrouth, au Liban alors qu'il s'apprêtait à fêter ses 20 ans avec ses copains conscrits.

 

Ici même, l'an dernier, nous déplorions la mort de 50 soldats français tués en Afghanistan, un an après, ils sont au nombre de 75 à avoir consenti

 le même sacrifice. Alors fallait-il s'engager pour Beyrouth, fallait-il s'engager pour Kaboul, fallait-il s'engager pour Benghazi ?

 

Or voilà que l'actualité nous apporte un élément de réponse. Jeudi soir, nous apprenions la chute de Kadhafi, nous apprenions la fin d'un tyran

âprement combattu par les forces françaises et leurs alliés depuis le 19 mars dernier. 

Et, s'il est hors de question de se réjouir de la mort d'un homme, fût-il un dictateur sanguinaire, nous ne pouvons, en revanche, que nous féliciter

d'avoir activement contribué à la libération de tout un peuple. 

A l'heure où la Tunisie, l'Egypte ou le Maroc permettent d'entrevoir des changements démocratiques porteurs d'espoir pour tout le bassin

 méditerranéen, nous avions le devoir de tout tenter pour que la Libye ne reste pas, selon la formule du Premier ministre, " l'hiver du printemps arabe".

Preuve est faite, une fois encore, que les tyrans et les bourreaux ont, un jour ou l'autre, des comptes à rendre à la communauté internationale.

 Preuve est faite, une fois encore, que les martyrs ont des raisons d'espérer.

 

Mais nous devons nous souvenir que ces raisons d'espérer, ils les doivent d'abord au sens du devoir et au courage des soldats de cette quatrième

génération du feu qui ont librement accepté de porter les armes de la France, avec les devoirs, mais aussi les risques que cela implique. 

Eux n'ont pas oublié les leçons de l'histoire. Ils n'ont pas oublié qu'au siècle dernier et par deux fois, notre pays a failli disparaître en tant que

nation libre, ils n'ont pas oublié ces heures sombres où le destin du pays se jouait sur une seule bataille, enfin ils ont bien compris qu'il est plus

sûr de projeter ses forces au loin que d'avoir à livrer bataille sur le sol national. 

Surtout ils ont fait le choix de défendre, au besoin avec les armes les valeurs qui nous sont chères : la liberté, le droit et la dignité de tous

les hommes. Ils ont fait le choix d'assumer personnellement, pleinement et au péril de leur vie ce qui n'est autre que le devoir de la France.

 

A la différence des autres cérémonies qui nous réunissent sur cette esplanade pour entretenir la mémoire d'évènements que, pour la plupart,

 nous n'avons pas connu, celle qui nous rassemble aujourd'hui entre de plein fouet dans notre actualité quotidienne dont elle fait souvent

" la une " et nous en voyons des images tous les jours à la télévision. 

Et je conclurai en citant quelques vers d'un chant composé en hommage aux 58 parachutistes morts, comme Patrice GIRARDEAU, dans

l'attentat du Drakkar, à Beyrouth :

" Notre sourire était la paix pour tous ces enfants qui souffaient.

Partout des orages d'acier sur terre se sont déchaînés

Pour que sous un soleil bas et noir, à jamais meurt tout espoir. "

 

Permettez-moi d'ajouter que, grâce à tous ceux qui combattent dans les opérations extérieures, l'espoir ne meurt jamais tout à fait et que

depuis trois jours, dans un ciel bas et noir de Libye, déjà on voit poindre les premières constellations d'étoiles.

 

 

 

 

COMMEMORATION DU SAMEDI 20 OCTOBRE 2012

 

 

   OPEX VILLEFRANCHE_22      OPEX 2012_13A    STELE DU_DRAKKAR    
OPEX VILLEFRANCHE_2 PATRICE GIRARDEAU OPEX VILLEFRANCHE_3

 Avant la cérémonie sur l'Esplanade du Souvenir, un hommage a été rendu au Caporal Patrice GIRARDEAU.

 

Le Président du Groupement ANSORAA RHÔNE ALPES était représenté par notre secrétaire ANDRE BARONNIER et la Section ANSORAA RHÔNE LOIRE

 était représentée par JEAN-LUC DESCHAMPS (Dépôt de la gerbe ANSORAA).

 

Parmi plus de trente drapeaux, le drapeau du Groupement était porté par ANDRE CATENI et le drapeau de la Section par notre secrétaire FRANCIS KELLER.

 

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La Croix du Combattant a été décernée à Monsieur Yves PARNAUD par le Colonel (er) RIGAUX. 

 

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ALLOCUTION DE MONSIEUR BERNARD PERRUT, DEPUTE-MAIRE

 

                                        BERNARD PERRUT           

 

A l'instar du 03 septembre, jour anniversaire de la libération de Villefranche, la date du 23 octobre,

que nous anticipons aujourd'hui, n'est pas inscrite au calendrier des commémorations nationales.

C'est pourtant une date marquée par la tristesse et l'émotion pour toute notre famille caladoise.

Souvenons-nous, oui souvenons-nous que le 23 octobre 1983, cinquante-huit parachutistes français

trouvaient la mort dans un attentat délibérément perpétré contre des français, à Beyrouth, au Liban.

Parmi les victimes il y avait un très jeune garçon de 19 ans, un Caladois qui s'apprêtait à arborer le

ruban vert des 20 ans, Patrice GIRARDEAU, caporal au 1er Régiment de chasseurs parachutistes.   

Des 521 noms gravés sur le monument aux Morts de notre ville, tous, ou presque, sont associés dans le devoir de mémoire à une date officielle qui

vient saluer leur sacrifice: Première et Deuxième guerres mondiales, Indochine, Algérie.

Tous ou presque car il n'existe aucune date pour honorer le 521ème nom, celui de Patrice GIRARDEAU, et de tous ses frères d'arme tombés sur des

 théâtres d'opérations extérieures, associés et cela seulement depuis l'an dernier, à l'hommage national du 11 novembre.

Alors c'est vrai, le 23 octobre n'est pas une date officielle. Et pourtant je remercie le président BROYER d'organiser pour la troisième année consécutive

 cette cérémonie d'hommage au dernier Caladois mort au Champ d'honneur, comme à tous ceux qui l'ont précédé ou suivi sur ces sentiers trop souvent

 funestes mais toujours glorieux qui, depuis plus de 40 ans, sillonnent la planète, du Tchad à l'Afghanistan, du Liban aux Balkans, de la Libye à la Côte

 d'Ivoire ou à la Somalie.

 

Chaque jour, les journaux télévisés nous parlent de la province de Kapisa, de la KFOR, du dispositif EPERVIER, de la FINUL ou du camp de N'Djamena

sans que l'on sache vraiment ce que ces mots veulent dire.

Pour ma part, je me contenterai de savoir qu'ils évoquent les 6000 soldats français engagés, aujourd'hui même sur une vingtaine de théâtres d'opérations

extérieures.

Cette implication des forces françaises est significative. Elle traduit la contribution constante de notre pays à l'effort de la communauté internationale pour

assurer la stabilité mondiale. Mais il ne s'agit pas uniquement d'assumer les responsabilités d'un membre permanent du conseil de sécurité de l'ONU, il faut

aussi éviter que ne se développent des menaces pour nos intérêts stratégiques, pour nos concitoyens et pour les valeurs que la France défend.

Aujourd'hui, les armées de la France sont confrontées à des adversaires dont elles ont de plus en plus de mal à déterminer les ressorts idéologiques et les

méthodes qui en découlent. C'est pourquoi nos armes sont souvent impuissantes face à l'orchestration de mouvements de foules, de prises d'otages, à

l'utilisation de boucliers humains, à l'emploi d'engins explosifs improvisés ou à la mise en scène d'actions spectaculaires.

Malgré tout, ces soldats de la quatrième génération du feu ont fait le choix de défendre, au besoin par les armes, les valeurs qui nous sont chères: la liberté,

 le droit et la dignité de tous les hommes. Ils ont fait le choix d'assumer personnellement, pleinement et au péril de leur vie ce qui n'est autre que le devoir

de la France.

Désormais placé à l'abri de l'insularité stratégique qu'ont su créer la formation de l'Union européenne et la fin de l'affrontement des blocs, les Françaises et

les Français ont de plus en plus de difficultés à établir le lien entre leur propre sécurité, l'intérêt national et des engagements qui se déroulent à des milliers

de kilomètres de leur territoire national.

Ici même, l'an dernier, nous déplorions la mort de 75 soldats français tués en Afghanistan. Un an après, ils sont à ce jour 88 à avoir consenti au sacrifice

 suprême. Ils sont morts, comme Patrice GIRARDEAU, loin de chez eux pour défendre l'idée que nous nous faisons d'un monde libre. Ils sont morts pour que

 fleurissent ailleurs les principes de liberté, d'égalité et de fraternité de notre république. Ils ont sacrifié leur avenir pour que des peuples entiers puissent

encore espérer. Leur courage, leur sens du devoir et leur coeur à défendre les valeurs de la France sont finalement les mêmes que ceux qui ont animé les

Poilus de 1914, les soldats et les résistants de la Seconde Guerre mondiale ou les combattants des conflits de la décolonisation.

 

Tous sont frères comme dans la célèbre tirade d'Henry V, appelant ses compagnons au combat dans la pièce éponyme de Shakespeare:

 " Car celui qui, ce jour, verse son sang à mes côtés sera mon frère et quelle que soit sa condition, ce jour l'anoblira."

Encore faut-il que par notre présence ici, aujourd'hui, nous sachions les arracher à l'oubli pour les rendre à l'histoire.