GEORGES CHAPIRON

   LE CENTENAIRE DE GEORGES CHAPIRON  

 

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                En ce début de soirée du 14 décembre 2019 à Saint Peray à l'auberge de Crussol (Ardèche),

                Georges Chapiron fête son centenaire.

                Il est né le 13 décembre 1919 à Paris.

 

                Il suit ses études secondaires au lycée Ampère de Lyon.

 

                En 1937, il est admis à la Section d'Aviation Populaire de l'Aéroclub du Rhône. 

 

                Georges est apte au pilotage et effectue son premier vol d'accoutumance le 19 février 1938.

 

                Georges raconte : " Les vols avaient une durée moyenne de vingt minutes.

                Pour passer le brevet du 1er degré, il fallait un minimum de trois mois et pour le 2ième degré un délai d'un an.

 

                Je suis breveté pilote d'avion 1er degré le 04 juillet 1938 avec le numéro 11052 et j'obtiens le 2ième degré le 25 juin 1939."

 

                 En vue d'un Rassemblement national des Sections d'Aviation Populaire le 08 juillet 1939 à Paris,

                 il est organisé dans chaque région parmi les sections une sélection des meilleurs pilotes. 

 

                  Les 1er et 2ième pilotes retenus sont sélectionnés pour ce Rassemblement national.  

 

 

 

 

   Georges raconte : « Cette sélection s’est déroulée sur le terrain d’Ambérieu en Bugey le 18 juin 1939 sur Caudron 275 Luciole.

Les épreuves s’effectuaient à une altitude de 100 mètres avec un jet de messages lestés sur une cible placée sur le terrain suivi d’un exercice de navigation dans

un temps déterminé à une altitude de 100 mètres avec passage à la verticale de points précis. Cet exercice de navigation s’est déroulé sur le parcours

Ambérieu en Bugey - Pont de Belleville sur Saône -  Pont de Loyettes et retour sur le terrain d’Ambérieu avec passage à la verticale de la ligne d’arrivée.

Le classement de cette sélection a été le suivant :

premier Lionel Mercier, second Georges Chapiron, troisième Mazille, quatrième Favre.

 

Les deux premiers participèrent à la finale du Rassemblement national qui s’est tenue sur les aérodromes de Villepeux, Saint Cyr et Lognes en région parisienne.

 

Cette finale comprenait les épreuves suivantes : le 08 juillet dans un temps et une altitude donnée, passage à la verticale d’un point précis ;

                         le 09 juillet, épreuve de régularité avec recherche de panneaux sur un circuit de 100 kilomètres.

Les coupes ont été distribuées au cours d’une réception dans les salons de l’aéroclub de France en présence du Général Vuillemin.

La Section d’Aviation Populaire de l’Aéroclub du Rhône, avec Olive pour moniteur et Frison pour mécanicien, a reçu

             une coupe pour son excellent classement.

 

Le lendemain, après une participation à différentes manifestations, a eu lieu une réception au restaurant du premier étage de la tour Eiffel sous

la présidence du ministre Pleven.

Chaque participant du Rassemblement national était revêtu d’un uniforme : une combinaison bleu ciel avec insigne brodé sur la

poitrine, chemise blanche, cravate et chaussures noires.»

 

A cette époque, Georges habite à Lyon. Il vole successivement sur Caudron 275 Luciole et sur Potez 60.

 

Georges raconte : « A la déclaration de guerre en septembre 1939, la majorité d’entre nous n’avions pas l’âge d’être mobilisable.

Les brevetés qui honoraient leur engagement sur l’honneur de servir signaient un engagement volontaire pour la durée de la guerre.

 

Pour la région, les brevetés étaient regroupés dans deux écoles de pilotage élémentaire : Saint Etienne - Bouthéon dans la Loire ou Brioude dans la Haute Loire.

La sélection était sévère : 75 % d’éliminés.

Les moniteurs étaient des chefs pilotes d’aéroclubs mobilisés ou réquisitionnés. Les élèves pilotes volaient sur Caudron 275 ou sur Hanriot 182.

 

Les élèves pilotes n’avaient pas d’uniforme et, contre le froid, ils disposaient de bandes molletières, d’une capote bleu horizon de 14/18

et de sabots en bois garnis de paille.

C’est dans cette tenue que les élèves pilotes étaient rassemblés devant le monument aux Morts de Brioude le 11 novembre 1939.

 

 

Les élèves pilotes ont été habillés avec la nouvelle tenue de l’armée de l’air seulement après la signature de leur engagement au Puy en Velay fin novembre 1939.

On pouvait lire sur les murs les affiches « Engagez-vous dans l’armée moderne : l’aviation ». 

 

Nous étions la première promotion de guerre d’engagés volontaires.

Nous étions 40 élèves pilotes pour une affectation à l’école de pilotage de Clermond Ferrand - Aulnat début janvier 1940 pour suivre l’instruction militaire

et les cours du brevet de pilote militaire. »

 

Breveté pilote militaire en mars 1940, le sergent Chapiron effectuera un stage à l’école de pilotage de Vichy puis sera affecté à l’école de chasse d’Avord.

Devant la précipitation des évènements, Georges effectuera de nombreux vols de convoyage en tant que pilote-estafette

avant d’être démobilisé en septembre 1940.

 

De 1942 à 1944, Georges reste discret sur son activité, il collecte des renseignements pour la Résistance : un combattant de l’ombre.

 

En 1952, à la création du Centre d’Entraînement des Réserves puis à l’Escadrille d’Aviation Légère et d’Appui à Bron,

Georges Chapiron, en qualité de volontaire, vole sur avion SIPA, Vanneau, T6 et Fennec.

En 1959, atteint par la limite d’âge du personnel navigant, il cesse de voler.

 

Georges Chapiron est toujours un fidèle de l’ANSORAA. Il est membre depuis le 1er janvier 1952 à la Section Rhône Loire. 

 

Une délégation du Groupement Rhône Alpes et de la Section Rhône Loire était présente aux côtés d’autres invités et membres d’associations

pour célébrer cet anniversaire. La médaille d’Or ANSORAA lui a été remise par Georges Seincerein, président du Groupement.

Christiane Boulon, trésorière de la Section Rhône Loire, en présence du président de Section Michel Bennier, lui a remis la médaille CANSOF Or.

 

C’est autour du verre de l’amitié aéronautique que Georges, les membres de sa famille et ses invités ont partagé

avec beaucoup d’attention et d’émotions ses souvenirs.

 

Un lien familial tout particulier lie notre ami Georges Chapiron avec l’armée de l’air et la base aérienne 942.

En effet, l’un de ses petits-enfants Johan est l’arrière-arrière-petit-fils du capitaine Jean Robert mort le 04 juin 1940

à l’issue d’un combat aérien contre la chasse allemande et dont le nom a été donné à la base aérienne 942 de Lyon Mont Verdun.

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